Je vous présente une belle garce photographiée par Desiree Dolron et qui se trouve actuellement non pas au salon de la photographie, des antiquaires, de l’art contemporain ou autre évèn’ publique du genre, mais dans le salon de mon ex.
Il se plaignait du fait que « les filles ne sont pas connues pour leur gentillesse et leur douceur ». Moi qui étais persuadée du contraire, je suis restée sur le derche. A chaque fois, je ne pouvais détourner mon attention de cette garce, qui ne brille pas par sa gentillesse et sa douceur…
A l’occasion de mon précédent post, je vous ai parlé de lumière.
Nous voici maintenant plongés dans l’obscurité. Cette série de portraits emprunte son esthétisme à la tradition picturale flamande.
La pâleur sévère, le port hautain, et cet œil… un œil mutant.
Cet oeil parle de la distance qu’il y aura toujours entre deux visages.
Il mûrit ses projets dans le calme. Hostilité? secret désir de vengeance? Mépris? Et non même pas… Indifférence!
Mais la blancheur de cette peau, son INexpression, son anti-émotivité poussée à l’extrême, s’apparente surtout à un masque.
On ne saura jamais ce qui se trouve derrière.
En attendant, l’immuabilité de l’image est parlante. C’est ce qu’on appelle en jargon psy, « la présence d’absence ».
Lorsque les fantômes se dressent dans le décor de l’inconscient. Partout où l’on regarde, ils sont là.
Ils interfèrent dans toutes les pensées. Ils nous poursuivent, ils sont omniprésents, mais silencieux.
Ils nous laissent sans réponse. C’est quant on les cherche, qu’ils disparaissent.
Ces portraits sont pour moi des figures du désir. Mais on est loin d’une représentation classique, charnelle, de corps féminins dénudés, plantureux ou décharnés.
Ici, le désir est appréhendé comme sentiment et non comme objet. Et c’est un désir brut, un instant sans espoir, qui passe par l’autre mais ne mène qu’à soi.
Toutes les garces de Desiree Dolron m’évoquent l’inquiétude, le doute, face à ce qu’il y a d’inconnu, d’au-delà, de mort.
Encore une fois, nous ne sommes pas très loin de l’univers d’Elektra, que j’évoquais dans mon précédent post. Mais Elektra est bien plus hystéro. Et elle est très bavarde, Elektra. Mais c’est ce monde fait de rivalités féminines, de morts, de fantômes, et d’hostilité sourde.
Joanna Kara.